Christiane a 75 ans. Passionnée par les activités extérieures, elle s'est souvent exposée au soleil, ce qui lui a value plusieurs opérations médicales et un changement d'habitudes à mettre en place. Néanmoins, elle tient à continuer ses activités tout en se protégeant.

Amoureuse du soleil depuis ma plus tendre enfance, c’est un corps supplicié qui me porte à présent. J’ai 75 ans, je suis née rousse, rousse j’ai grandi, blonde je suis devenue, blanche je suis. Mais ma peau est restée, enfin, a voulu rester blanche.

Dans les années 50, l’écran total n’existait pas, c’était l’époque de l’ambre solaire. Les vacances, c’étaient la plage huit heures par jour, les coups de soleil étaient légion, les cloques dans le dos, on trouvait cela normal !

Plus tard, j’ai eu deux passions : le ski alpinisme et la planche à voile.
À 40 ans, mes premières prémices de ce qui sera mon chemin de croix jusqu’à aujourd’hui : apparitions de carcinomes basocellulaires dans le dos , greffes de peau, abonnement chez les dermatos, pour arriver à une cinquantaine d’interventions pour enlever ces cancers de la peau dits «bénins » et deux interventions pour des « malins » .

Aujourd’hui, la moitié de mon front a été greffée, un morceau de mon cuir chevelu a été scalpé, je suis en attente d’une intervention sur la joue.

J’ai choisi de vivre dans une région de soleil et de vent. Je pratique encore et encore le windsurf et le ski, je nage au lever et au coucher du soleil. Mes passions me font vivre.

Me protéger est un travail à temps plein mais j’y arrive grâce à l’écran total et aux vêtements anti-UV. Je me sens entièrement responsable de ce qui m’arrive et culpabilise de contribuer au trou de la sécu !

Lorsque je vois des personnes se faire « cuire » sur la plage, j’ai envie de leur parler des risques qu’ils encourent mais je n’ose pas !

Voilà, que mon témoignage fasse changer l’idée que l’on se fait du soleil sans lequel il n’y aurait pas de vie sur terre, mais avec lequel il y a bien des souffrances.

 

Christiane Guillet
26 août, 2022